OTTAWA – Le Premier ministre Stephen Harper a approuvé aujourd’hui le rapport final de la Commission d’information et de responsabilisation pour la santé de la femme et de l’enfant des Nations Unies, qui contient des mesures audacieuses et pratiques pour aider à sauver la vie de mères et d’enfants vivant dans les pays les plus pauvres du monde.
« En faisant des recommandations de la Commission une réalité, nous contribuerons à faire en sorte que nos efforts collectifs produisent des résultats concrets pour les populations les plus vulnérables du monde », a déclaré le Premier ministre Harper, qui a dirigé cet effort mondial en compagnie du coprésident, le président tanzanien J.M. Kikwete.
Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a rendu public le rapport de la Commission qui comprend 10 recommandations pour un renforcement sans précédent de la responsabilisation dans tous les pays donateurs et en développement, et qui présente des mesures dans trois domaines principaux pour produire :
· une meilleure information pour de meilleurs résultats;
· un meilleur suivi des ressources pour la santé maternelle et infantile;
· une meilleure surveillance des résultats et des ressources à l’échelle nationale et internationale.
Le rapport contient également des recommandations pour l’utilisation d’un ensemble commun d’indicateurs de santé pour :
la surveillance de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants et la production de rapport;
l’enregistrement national des naissances, des décès et des causes de décès;
la surveillance nationale et mondiale des progrès accomplis dans les pays pour soutenir l’amélioration continue de la prestation des services de santé.
Note d’information
Le Premier ministre harper en faveur du renforcement de la responsabilisation à l’échelle mondiale pour sauver la vie de femmes et d’enfants
La Commission d’information et de responsabilisation pour la santé de la femme et de l’enfant des Nations Unies a été lancée le 16 décembre 2010 par le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon.
Le mandat de la Commission était de formuler des recommandations pour renforcer la responsabilisation des pays donateurs, des organisations multilatérales, des fondations privées et des pays en développement pour l’acheminement de ressources qui sauvent la vie de mères et d’enfants. L’objectif général était de faire en sorte que les engagements de financement pris dans le cadre de la Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants de l’ONU – 40 milliards de dollars sur cinq ans pour sauver 16 millions de vies dans les 49 pays les plus pauvres du monde – soient respectés.
La Stratégie mondiale a été mise en place en réaction au constat que la réalisation des deux objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), soit les OMD 4 et 5, visant plus particulièrement la santé des femmes et des enfants qui étaient les moins susceptibles d’être atteints pour 2015. L’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants du G8 2010, menée par le Premier ministre Stephen Harper, fait partie de la Stratégie mondiale et représente la détermination du Canada et des autres pays du G8 à faire plus dans les pays en développement pour sauver la vie de mères et d’enfants.
La commission était composée de deux coprésidents – le Premier ministre Harper et le président tanzanien Jakaya Kikwete, de deux vice-présidents – Mme Margaret Chan, directrice exécutive de l’Organisation mondiale de la santé, et Dr Hamadoun Touré, et de 26 commissaires représentant un éventail de parties intéressées, dont des pays en développement et des pays donateurs, des organisations multilatérales, la société civile et le secteur privé. La première réunion de la Commission, qui a eu lieu le 26 janvier 2011 à Genève, a établi un échéancier serré pour la présentation d’un rapport final en mai 2011. Ce rapport, Keeping Promises, Measuring Results, a été rendu public le 19 mai.
Keeping Promises, Measuring Results
Le rapport formule 10 recommandations préconisant un niveau sans précédent de responsabilisation pour assurer le suivi des engagements à fournir des ressources visant à sauver la vie de femmes et d’enfants dans les pays en développement. Ces recommandations s’appuient sur des mécanismes existants de sorte que des résultats simples et clairs puissent être mis en place rapidement et agir pour le bénéfice des parties intéressées :
Événements démographiques : D’ici 2015, faire en sorte que tous les pays prennent des mesures importantes pour établir un système d’enregistrement des naissances, des décès et des causes de décès, et soient dotés d’un système d’information sur la santé qui fonctionne adéquatement.
Indicateurs de la santé : D’ici 2012, faire en sorte que des indicateurs sur la santé reproductive, maternelle et infantile soient utilisés pour suivre les progrès accomplis à l’égard des objectifs de la Stratégie mondiale.
Innovation: D’ici 2015, faire en sorte que tous les pays intègrent l’utilisation des technologies de l’information et des communications dans leur système national d’information sur la santé et leur infrastructure de santé.
Suivi des ressources : D’ici 2015, faire en sorte que les 74 pays dans lesquels surviennent 98 % des décès maternels et infantiles fassent le suivi des initiatives en santé et en santé reproductive, maternelle, infantile et des nouveau-nés par source de financement, par habitant, et en fassent rapport.
Pactes de pays : D’ici 2012, établir des « pactes » (ententes) entre les gouvernements des pays et tous les principaux partenaires de développement pour faciliter le suivi des ressources.
Aide aux femmes et aux enfants : D’ici 2015, faire en sorte que tous les gouvernements aient la capacité d’examiner de façon régulière les dépenses en santé et d’en établir le lien avec les engagements, les droits de la personne, le sexe et les autres objectifs d’équité et les résultats.
Surveillance nationale : D’ici 2012, faire en sorte que tous les pays aient établi des mécanismes de responsabilisation nationaux qui soient transparents, qui englobent tous les intervenants et qui recommandent des mesures correctives.
Transparence : D’ici 2013, faire en sorte que tous les intervenants échangent publiquement l’information sur les engagements, les ressources fournies et les résultats atteints annuellement, aux niveaux national et international.
Communication de rapport sur l’aide pour la santé des femmes et des enfants : D’ici 2012, les partenaires de développement demanderont au CAD de l’OCDE de convenir d’une façon d’améliorer le système de notification des pays créanciers pour qu’il puisse suivre, en temps utile, toutes les dépenses en santé reproductive, maternelle, infantile et des nouveau-nés par partenaire de développement. Dans l’intervalle, les partenaires de développement et l’OCDE mettront en place une méthode simple pour faire rapport sur ces dépenses.
Surveillance mondiale : À compter de 2012 et jusqu’en 2015, faire en sorte qu’un groupe d’examen composé d’experts indépendants fasse rapport régulièrement au Secrétaire général des Nations Unies sur les résultats et les ressources liés à la Stratégie mondiale et sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations de la Commission.
Réponse du Canada
Le Canada a pris l’engagement auprès des pays en développement au Sommet du G8 de Muskoka en 2010 que les dirigeants du G8 feraient preuve de responsabilité et de transparence en indiquant où les fonds de l’Initiative de Muskoka sont dépensés et quels résultats sont atteints. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé et de la Banque mondiale, l’Initiative de Muskoka aidera les pays en développement à prévenir 1,3 million de décès d’enfants de moins de cinq ans et 64 000 décès maternels.
Le Canada a consacré 2,85 milliards de dollars en fonds nouveaux et continus de 2010 à 2015 à titre de contribution aux efforts mondiaux visant à réduire la mortalité évitable chez les mères et les jeunes enfants dans les pays en développement, obtenant des résultats dans trois secteurs clés : renforcement des systèmes de santé; réduction de la maladie infantile; amélioration de la nutrition. L’objectif du Canada dans son travail avec la Commission des Nations Unies était d’améliorer la santé des femmes et des enfants dans le monde entier, d’améliorer la façon dont l’information démographique est enregistrée, recueillie et communiquée, et de trouver les meilleures façons de faire le suivi des ressources et des investissements aux niveaux mondial et national.
Le Canada, par l’entremise de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), exécute des programmes dans le cadre de l’Initiative de Muskoka dans 10 pays partenaires aux prises avec des taux élevés de mortalité maternelle et infantile. Ces pays sont l’Éthiopie, le Malawi, le Mali, le Mozambique, le Nigeria, le Soudan, la Tanzanie, le Bangladesh, Haïti et l’Afghanistan. En complément de ces investissements bilatéraux, l’ACDI travaille avec des agences multilatérales et ses partenaires de la société civile canadienne à développer et à soutenir, dans les pays les plus pauvres du monde, des projets qui contribuent aux objectifs de l’Initiative en matière de préservation de la vie et d’amélioration de la santé.
Le Canada a souscrit aux recommandations du rapport Keeping Promises, Measuring Results. Il y a une grande affinité entre le travail de la Commission des Nations Unies et la mise en œuvre de l’Initiative de Muskoka par le Canada.
Le Canada incorporera 11 indicateurs de santé centraux recommandés par la Commission dans son cadre de rendement :
Surveillance de l’état de santé des femmes et des enfants
Taux de mortalité maternelle (décès pour 100 000 naissances vivantes);
Mortalité des enfants de moins de cinq ans, avec la proportion de décès chez des nouveau-nés (décès pour 100 000 naissances vivantes);
Enfants de moins de cinq ans qui ont un retard de croissance (pourcentage d’enfants de moins de cinq ans dont la taille par rapport à l’âge est en dessous de deux écarts type par rapport à la taille médiane des normes de croissance de l’enfant de l’OMS).
Surveillance d’un ensemble d’indicateurs de couverture
Réponse au besoin de contraception;
Couverture des soins prénataux;
Prophylaxie antirétrovirale parmi les femmes enceintes séropositives pour le VIH afin de prévenir la transmission verticale du VIH, et thérapie antirétrovirale pour les femmes qui sont admissibles au traitement;
Accompagnateur qualifié à la naissance;
Soins postnataux pour les mères et les bébés;
Allaitement exclusif pour les six premiers mois;
Trois doses du vaccin combiné contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos;
Traitement antibiotique pour la pneumonie.
De plus, l’ACDI mesurera et communiquera les résultats obtenus grâce à la contribution du Canada à l’Initiative de Muskoka. L’ACDI examine également avec ses pays partenaires et d’autres donateurs les possibilités d’améliorer la responsabilisation en accroissant la capacité des pays en développement à recueillir et à utiliser les données sur la santé, y compris l’enregistrement des naissances, des décès et des causes de décès.
Ces mesures feront progresser les objectifs de la Commission dans chaque pays et renforceront le travail en cours du Canada en faisant en sorte que les systèmes soient en place pour mesurer les résultats obtenus.